Imy Lichtenfeld

Imy Lichtenfeld est né à Budapest en 1910. Il grandit à Bratislava, capitale de la Slovaquie où il pratique différentes activités physiques, principalement la gymnastique et la self défense dont les cours sont donnés par son père.

Son père était inspecteur de police et enseignait la self-défense aux forces de police. En 1906, à Bratislava, son père créa la première école de Ju-Jitsu tchèque. Il enseignait la self-défense aux forces de police.

Suivant l’influence paternelle, Imy se tourna très jeune vers les arts martiaux.

Il excelle en natation, gymnastique, lutte et boxe et, en 1928, il gagne le championnat de lutte de la jeunesse Slovaque.

En 1929, il devient champion de Slovaquie de lutte, de boxe et emporta même un tournoi de lutte opposant la Pologne, la Hongrie et la Tchécoslovaquie. Puis, jusqu’en 1939, il se consacre plus à la lutte qu’il enseigne et pratique. Il gagne une douzaine de médailles et de prix. Imy est considéré comme l’un des meilleurs lutteurs européens.

Dans le milieu des années 30, la Tchécoslovaquie connaît une montée du fascisme et de l’antisémitisme très forte. Imy organise un groupe de jeunes juifs issus pour la plupart de la boxe, de la lutte ou pratiquant la musculation, pour empêcher les bandes antisémites de pénétrer dans le quartier juif et d’agresser la population locale.

Il participe à d’innombrables affrontements et combats de rue, seul et en groupe. Ces incidents ont forgés l’esprit et le corps de Imy et l’ont transformé de sportif en combattant de rue expérimenté. Les bases de ce qui deviendrait plus tard le krav maga sont nées.

En 1940, Imy, devenu un problème pour les autorités locales – devenues fascistes – doit quitter sa maison, sa famille et ses amis et s’embarque à destination de la Palestine dans le dernier navire qui réussit à échapper aux nazis. Cet ancien bateau de rivière, le Pentcho, fut converti par nécessité au transport de centaines de réfugiés d’Europe centrale. L’odyssée d’Imy à bord du bateau et en dehors est remplie d’épisodes incroyables et dura deux ans. Plusieurs fois, il dut se jeter à l’eau pour sauver des passagers tombés ou pour récupérer des sacs de nourriture, mettant sa vie en danger.

Il attrapa une infection de l’oreille qui faillit lui coûter la vie en sauvant un enfant de la noyade. Au cours de ce voyage périlleux, la chaudière du navire explosa et le bateau s’échoua sur une île grecque, Kamilanisi. Imy et 4 de ses amis prirent une chaloupe et allèrent vers la Crète pour demander de l’aide. Ignorant l’infection de son oreille et les réclamations de ses amis, Imy refusa d’abandonner les rames pendant une journée entière. Mais en dépit de leurs efforts, les vents violents firent chavirer leur chaloupe et ils n’atteignirent jamais la Crète.

Le matin du 5ème jour passé dans l’eau, un navire de guerre anglais récupéra les 5 survivants et les amena à Alexandrie en Egypte. Imy, très mal en point à cause de son infection, dut subir plusieurs opérations à l’hôpital. Il était alors proche de la mort et les docteurs n’avaient pas d’espoir pour sa guérison.

Il récupéra et rejoignit la légion tchèque commandée alors par l’armée britannique. Il servit alors en différents points du Moyen Orient pendant 1 an 1/2 et reçut un permis d’entrée pour la Palestine. Des amis à lui le présentèrent au Général Sadeh, tête de la Haganah, qui l’accepta immédiatement dans ses rangs en raison de ses talents de combattant au corps à corps. A partir de 1944, il commence à entraîner les combattants de la Haganah : éducation physique, natation, utilisation du couteau et défenses contre des attaques au couteau, tactiques de baïonnette et de bâton, attaques de sentinelles et le combat au corps à corps sans arme.

Il entraîne plusieurs unités d’élite de la Haganah et de Palmach (unités de combat), incluant les commandos Marine (Palyam) et les officiers de police. 1948 voit la naissance de l’état d’Israël et de l’IDF. Il participe à la guerre d’indépendance de l’Etat d’Israël. Puis il rejoint l’armée, où il restera jusqu’en 1964. Imy devient instructeur en chef en éducation physique et combat rapproché (krav maga) pour l’IDF.

Il entraîne personnellement les meilleurs combattants des unités d’élite d’Israël et forme de nombreuses générations d’instructeurs de krav maga. Il sert l’IDF pendant 20 ans, affinant et développant sa méthode de self défense unique. Il ouvre une école à Nathanya et crée officiellement le Krav-Maga. (littéralement : close combat), une méthode de self-défense qu’il a mise au point d’après son expérience.

Depuis 1948, explique Imy, « j’avais pensé à créer un système applicable dans la réalité ».

Historique du Krav Maga

Imi-CenturyOfficiellement, le Krav Maga apparaît dans les années 1940.

Son fondateur, Imi Lichtenfeld, est né en 1910 à Budapest. Il se distingue en lutte et en boxe dès son plus jeune âge. Son père était policier et un formateur en self-défense. Confronté à la montée du nazisme , Il apprend la distinction entre la compétition et le combat réel.

Imi Lichtenfeld codifie le système de combat en Tchécoslovaquie dans les années 1930 , dans le but de protéger la communauté juive de Bratislava contre les milices fascistes. Il s’installe ensuite en Palestine avant la création de l’ État d’Israël , et forme au combat rapproché la Haganah , l’armée juive (alors secrète), future Tsahal .

Lichtenfeld devient instructeur des forces de défense israéliennes, puis commence en 1964 à enseigner aux civils. Il décède en 1998 .

Avant 1985 , les experts du Krav Maga étaient tous en Israël . Aujourd’hui, le Krav Maga est plus répandu.

Priorités du Krav Maga

imyL’objectif du Krav Maga est d’apprendre à se défendre efficacement et simplement en quelques mois. En effet, après une pratique sérieuse d’environ 6 mois, le pratiquant a généralement acquis un niveau d’efficacité qui pourra lui être utile en cas d’agression.

Il faut noter que les entraînements sont différents de ce que l’on peut trouver dans les arts martiaux ou les sports de combat :

  • Il se distingue d’un entraînement martial, car il n’est pas conçu comme un art.
  • Il se distingue d’un entraînement sportif, car il n’y a pas de compétition.

On retrouve pourtant dans le Krav Maga, un grand nombre de techniques de combat issues de boxe pieds poings, du jiu-jitsu et de la lutte . Les différences majeures entre le Krav Maga et ces arts martiaux sont les priorités, l’absence de règles et le mode d’entraînement.

Dans une situation donnée, la réponse doit être:

  • immédiate,
  • aussi forte que nécessaire,
  • sans appel,
  • naturelle, et
  • choisie pour servir un objectif précis (déconcentrer, fuir, immobiliser au sol, neutraliser, s’écarter de quelqu’un).

En particulier, la fuite est une réponse acceptable.

Entraînement au Krav Maga

Contrairement à de nombreux arts martiaux, le Krav Maga ne présuppose pas que les combattants respectent un ensemble quelconque de règles. En particulier, l’entraînement insiste sur des situations atypiques telles que :

  • réagir à une attaque surprise ;
  • combattre à mains nues contre un adversaire armé d’une arme tranchante (typiquement couteau, éventuellement caché au début du combat), contondante (batte) ou à feu ;
  • empêcher l’adversaire de sortir une arme ou de s’en servir ;
  • combattre contre plusieurs adversaires, sortir d’une situation d’encerclement ;
  • protéger une tierce personne.

De plus, l’absence de règles développe des réflexes importants, en particulier celui de protéger son entrejambe et ses yeux.

L’entraînement au Krav Maga couvre aussi des situations susceptibles de dégénérer en combat et des méthodes, aussi bien verbales que physiques.